La créativité, cette force obscure

6 juin 2022

Tu vois quoi toi ? 🐤 Quand j’ai vu ce nuage, rosi par le soleil couchant, ça m’a fait penser à un coq qui pourrait être une création de Claude Ponti, emballé dans une course folle pour rattraper la belle lune blanche qui monte doucement dans le ciel.

Ne rien faire

Prendre le temps, comme regarder les nuages par exemple… c’est une chose qui est revenue plusieurs fois dans les retours des participantes lors de mes derniers ateliers. Alors oui, c’est l’arnaque je vais écrire le énième article sur la créativité. Mais comme je suis encore régulièrement face à des personnes qui pensent vraiment que la créativité est un don, on nait avec et c’est peine perdue si tu n’en as pas, ça me questionne sur la bonne compréhension de ce qu’est la créativité.

Pour moi, la créativité, c’est un sport. J’avoue, je le pratique au quotidien car tout n’est que prétexte pour moi à faire preuve d’imagination. Inventer des jeux ou des astuces dans mon métier et qui plus est, je nourris quotidiennement cet imaginaire. Et si je vois le doute chez mes participant·es sur leur capacité à l’être, c’est souvent parce qu’iel se pose la mauvaise question selon moi. Souvent c’est « Suis-je capable de faire une œuvre, d’avoir une idée géniale… ? » réponse non. Bim, mauvaise question.

« Quel est le regard que je porte sur la créativité ? ça représente quoi pour moi la créativité ? quel est le regard que je porte sur moi quand j’ai envie de créer quelque chose… ? » C’est plus intéressant de se poser ces questions là, parce que ça parle de croyances, d’étiquettes, ou d’envie. Parce que quand on me rétorque « ouiiii mais pour toi c’est facile, tu es une créative » j’entends une personne qui n’a pas du tout envie de se faire une place dans cette discipline parce qu’elle met la barre haute sur le rendu, parce qu’elle croit que c’est un don qu’elle ne dispose pas, ou en réalité elle ne sait pas comment faire mais ne sais pas l’exprimer…

A mes yeux la créativité c’est une activité qui demande de l’entraînement. Au-delà de ça, il est vrai que naturellement j’ai conscience de ma capacité et de mon agilité à accéder facilement à l’imagination, au décalé, à voir autre chose et j’en ai fait un talent aujourd’hui. En réalité la créativité ce n’est pas une force obscure inatteignable et réservée à une élite. Tout le monde en est tout à fait capable. J’en veux pour preuve qu’il y a un ice breaker que je fais faire à pas mal de participant·es sur lesquels je leur demande de donner une autre fonction à un objet tout à fait pragmatique et très connu, ou bien de dépasser un mur invisible, et à chaque fois, absolument tout le monde a une super idée. Je viens stimuler leur créativité, iels en font preuve, mais sans s’en rendre compte.

Le Chemin

Dans le Petit Robert ou le Larousse, la créativité c’est la faculté d’invention. Pour Wiki, c’est la capacité à imaginer un concept/objet neuf ou solution originale. Or cette faculté les enfants l’ont naturellement. Si tu observes un enfant face à un radiateur : c’est un super chemin pour un lion en plein galop dont les pas font « tukoutouktukoutouk », une olympiade sportive qui offre une formidable possibilité de suspension par les bras, un vortex de jouets qui se perdent entre le mur et le radiateur après moult tentatives échouées pour voir si le jouet tombera au sol… Il n’y a que les adultes pour croire qu’il faut y poser les mains ou coller ses fesses dessus pour s’y réchauffer 😉 Le cerveau est doué, dès ses premières heures de vie, d’imagination, d’apprentissage de nouvelles façons de faire/penser, pour innover sans cesse. Nous avons tous·tes été des enfants. Pas de doute là-dessus. Nous sommes donc tous·tes doué·es pour trouver une autre fonction extraordinaire à un radiateur.

Si le fonctionnement et son évolution depuis sa naissance t’intéresse, je te recommande fortement de lire Catherine Guéguen « Pour une enfance heureuse ». Ce livre est génial pour comprendre les différents stades de maturité du cerveau depuis ses premières heures.

C’est clairement une des questions que je me suis posée en me demandant de quelle façon est-ce que l’on peut accéder ( à nouveau ) à sa créativité.

Il s’agit simplement ( mais ouais en fait c’est pas si simple ) de croire en tes propres capacités et au fait que la créativité n’est pas quelque chose que l’on acquiert une fois, une bonne fois pour toute, ou bien qui est innée, ou bien qu’une fois qu’on ne l’a pas on y accédera jamais. Il suffit d’en (re)trouver le chemin.

La créativité prend beaucoup de formes, c’est une des premières choses déjà qu’il faut prendre conscience. Comprendre que la créativité ça peut être aussi simple que de savoir bien s’habiller pour assembler les bonnes couleurs, avec un bon petit style et le petit chapeau qui va bien, le détail qui fait tout et donne du relief.

Comme ça peut être cette capacité à ouvrir le frigidaire, d’envisager tous les aliments qu’il y a dedans et d’en faire un plat qui n’existe pas. Cette recette que toi seul·e sais faire.

Ou bien encore si tu fais de la couture, des gribouillis quand tu t’ennuies, ou bien tu aimes redécorer tes meubles pour une seconde vie, réimaginer la disposition d’ une pièce, que tu bricoles toi-même des petites choses, tu sais créer une table avec de la récup parce que tu en avais besoin à ce moment-là, que tu imagines ton jardin tous les ans au fil des saisons selon les plantes qu’il y aura parce que tu as déjà en tête les couleurs qu’il y aura « du jaune sur la droite, du mauve par ici et puis un petit peu de blanc »…

Bref la créativité peut revêtir un grand nombre de manteaux.

Souvenirs « d’une créative »

Je ne sais pas si toi aussi tu avais ou as une grand-mère talentueuse en astuce et autre espièglerie. Pour ma part j’ai passé une grande partie de mon enfance avec ma grand-mère maternelle qui en faisait en championnat. J’ai grandi à ses côtés où elle me montrait combien elle avait plus d’un tour dans son sac, toujours un truc à bricoler dans la main, une action à entreprendre, quand il faut faire tourner une ferme il y a de quoi s’occuper. Elle faisait souvent preuve d’ingéniosité, pas de budget, mais des idées !

J’ai lu quelques écrits sur la créativité il y a quelques années, et notamment, une chose revenait souvent, il faut des temps de « rien » pour faire preuve de créativité. Les temps de rien m’ont tout de suite fait penser à ces dialogues entre Christopher et Winnie, ou Christopher propose de « ne rien faire » et Winnie, patibulaire, de répondre « chouette, c’est mon activité favorite ». Alors le lien avec ma grand-mère et son ingéniosité était évidente, car aussi active était-elle, elle m’invitait quotidiennement à un temps qu’elle s’octroyait souvent après le déjeuner ou en fin de journée, à ne rien faire.

Enfant, je me souviens de ne pas en avoir vu l’utilité, voire même des fois, je m’ennuyais sur ces moments-là. Et c’était bien tout le propos de ma grand-mère. Je nous revois encore sur les fauteuils près du feu, ou bien dans la cour de la ferme assises sur les chaises en paille que mon grand-père avait fabriquées, à prendre le soleil et la température du vent, ou encore allongées sur la petite couverture jaune qui gratte, sous les cerisiers pour les admirer. Occupées à ne rien faire.

Quelques mots par-ci, par-là, mais pas trop. Un mot sur Minette qui venait de choper une souris, ou une remarque sur la beauté de ses rosiers, mais pas beaucoup plus. Car l’intérêt était bien de conserver le silence, parler étant une activité, pour savourer ce moment de rien qui à lui seul voulait dire pour ma grand-mère « Haaa qu’est ce qu’on est bien » Telle 2 petites vieilles sur un banc, nous regardions le temps s’écouler, laisser notre pensée libre, errer entre 1 ou 2 idées pour la suite de la journée, puis accueillir un temps de flottement, pour enfin laisser la place au vide dans la tête. Juste regarder ce qui nous entoure, sans dialogue interne. En état de flow, tel un levier que nous avions abaissé pour évacuer un trop plein de pensées.

C’est ce moment dans ton footing, ce déclic au bout de 10/15 min, où tes pensées s’estompent, tes jambes sont en pilotage automatique, et tu ne vois plus que ce qui t’entoure, tu n’entends que ta foulée et ton souffle, et tu savoures ta satisfaction de faire cette activité. Tu es pleinement présent·e.

C’est donc des années plus tard, que je comprenais les vertus de son rituel, du rien de ces moments méditatifs, ou ma grand-mère profitait du présent, laissait l’opportunité à son cerveau de déposer les armes, et ainsi accueillir plus tard, sans cesse des nouvelles idées pour faciliter son quotidien.

Et c’est surprenant de constater la transmission dans les générations de ces rituels.

Une autre forme de vide

Pour continuer sur une histoire personnelle, le tri et le rangement sont des choses assez naturelles dans notre famille. Puisque notre mère nous avait donné une mission à faire tous les 6 mois quand nous étions enfants : devoir faire du tri dans les vêtements qui ne nous satisfaisaient plus, afin d’en faire don à une association en particulier. Elle nous demandait de faire de même pour les jouets, tâche plus difficile, car enfant il y avait un attachement émotionnel très important avec nos jouets. Même si le jeu n’était plus utilisé.

Non seulement pour elle, si nous n’en n’avions plus l’utilité ou s’il ne nous plaisait plus, il pouvait tout à fait avoir une seconde vie entre les mains d’une autre enfant. Mais aussi parce que ce rituel selon elle, devait nous apprendre à faire le vide.

Vider les étagère, le grenier, les affaires qui peuvent être utiles à d’autres, faire le vide dans la tête par la même occasion. Je me souviens d’ailleurs qu’elle éprouvait une grande satisfaction à faire ces rituels là.

Quand j’ai lu le livre de Marie Kondo il y a quelques années, c’est donc venu conforter une philosophie que j’avais depuis l’enfance. Toutefois, en abordant l’angle de la satisfaction. J’ai d’ailleurs fais du tri dans les relations insatisfaisantes avec ce principe ^^ Mais j’ai surtout dû fais quelque chose qui me paraissait impossible à faire : faire le tri dans toutes mes affaires de l’enfance car le confinement avait démontré à notre mère que nos cartons avec toutes nos affaires d’enfant n’étaient absolument plus nécessaire dans le grenier et qu’il fallait y jeter un œil !

Ainsi donc, nous voilà en famille à être penchés sur nos cartons, à se remémorer certains souvenirs et à faire justement une introspection rapide à chacune des choses que nous regardions pour savoir si réellement ces objets, ces cours, ces bibelots, ces petits mots que les copains/copines avaient donnés, ces agendas illustrés avec plein de petites phrases dedans…avaient véritablement de la valeur dans notre cœur.

D’une part c’est devenu une activité très satisfaisante à faire en famille puisque ça nous remémorait beaucoup de souvenirs par la même occasion, plein de rigolades, de rappels sur des frustrations ou des moments douloureux à l’école et donc une consolidation des liens. Et, je me suis rendue compte qu’il était bien difficile de me détacher de ces objets là. J’y mettais une grande importance émotionnelle pour beaucoup d’entre eux. Or, voyant le grand détachement émotionnel de ma sœur sur ses objets, je me suis dit qu’elle avait une grande capacité de tri que je n’avais pas.

Ainsi donc, j’ai passé en revue mes objets une deuxième fois, un deuxième jour à nouveau en famille pour faire encore plus de tri et finalement très honnête avec moi-même. Ce qui m’a ramené à un passage de Serge Marquis dans sa première conférence Du plaisir et du sens dans la vie de tous les jours où il dit qu’il a regardé la salle dans laquelle il entreposait énormément de livre en vue de les lire et qu’il se savait malhonnête avec lui-même car jamais il ne les lirait tous.

De trois énormes cartons, je suis passée qu’à un seul dans lequel il reste bien peu de choses. Par contre celles-ci, j’y suis fortement attachée, elles sont très empreintes d’émotion et donc de valeur à mes yeux. Et au moment où nous sommes arrivées à la déchetterie avec ma sœur, en voyant le reste de mes affaires jetées dans la benne, il y a eu comme une sorte de soulagement, comme un vide entier qui avait été fait à l’intérieur de tout le mon être. Je me suis rendue compte combien le principe d’avoir une maison relativement vide était important pour moi, mais que je ne faisais pas de même avec mes souvenirs. Et que finalement en conservant tous ces souvenirs, même s’ils étaient pour la plupart agréables, ils représentaient une charge pour mon mental.

La sensation était telle que j’avais l’impression d’avoir fait un pas en avant, comme si je venais d’ouvrir une grande porte. Je venais de laisser la place à de nouvelles choses, à de nouvelles aventures. Et même si les objets ne subsistent plus rangés dans des cartons ( encombrent le grenier et donc potentiellement encombrent mon mental ) et bien les souvenirs sont toujours présents et ce dont je me souviens est amplement suffisant. Il n’était pas si nécessaire d’avoir une grande quantité de choses pour me souvenir de bons moments. C’est un peu comme quand on prend 100 photos de ses vacances, en réalité seulement deux seraient tout à fait nécessaires. Car toutes les autres sont imprimées dans la tête, émotionnellement dans le cœur, et c’est tout à fait suffisant.

Ma grand-mère s’asseyait sur une chaise, sa fille fait le vide dans ses armoire et sa petite fille fait le vide en observant la nature. Comme ce nuage poussin Claude Ponti.

Et c’est suffisant. S’autoriser à flâner, faire le vide, c’est suffisant pour fertiliser un terrain créatif, que l’on a depuis l’enfance pour le retrouver.

La créativité naît par le vide

Entre autre. Et, la créativité n’est possible, que si le cerveau est disponible. Je prends conscience régulièrement des moments où je suis disponible ou non pour ça. Quand des projets de jeux apprenants nécessitent de la création, je vais me prévoir des plages horaires avec du « rien dans l’agenda ». Cela m’est clairement nécessaire car pour pouvoir imaginer des nouveaux jeux ou des nouveaux événements, il me faut avoir un mental apaisé et relativement vide pour y ajouter les nouvelles idées.

S’ajoute à cela un autre grand principe fondamental pendant les temps de créativité, c’est de tout accepter. Cela fait énormément écho à une discipline que j’affectionne particulièrement, l’improvisation, où toutes les idées quelles qu’elles soient seront bonnes. Alors bien sûr au sens pragmatique, elles ne sont pas toutes bonnes. Mais ce que l’on entend par là, c’est qu’il n’y a absolument aucun commentaire ou jugement à faire, même si les idées en question ne sont pas réalisables. Cela n’a aucune importance. On ne recherche pas dans un premier temps le factuel, le pragmatique ou le réalisable, car sinon dans ces cas-là, ce n’est en aucun cas une séance de créativité. Si on cherche le réalisme, même avec 200 minutes de brainstorming devant soi, ce sera plutôt une séance de castration du cerveau.

Il est impératif d’accueillir absolument toutes les idées comme elles viennent, quitte à les écrire et les faire évoluer. Pour ma part, je jette tout sur du papier brouillon et/ou mind mapping, pour les faire grandir. C’est vraiment important car se discipliner à vouloir quelque chose de réalisable tout de suite, freine la créativité, les idées ne viennent plus et donc la frustration augmente. Ce que l’on veut c’est l’inverse, c’est même l’imaginaire, c’est même l’irréalisable, c’est même le fantasque ! Il faut absolument aller loin, très loin pour plus tard revenir au réalisable. En écrivant les idées, on les garde toutes en mémoire, avec un maximum de détails, quitte à venir nourrir un grand cimetière d’idées qui ne verront jamais le jour.

Pourquoi les écrire ? D’une part parce qu’un brainstorming peut durer dans le temps. Voire même chez moi, des créations de jeux, peuvent prendre plusieurs mois. Donc on finit par oublier les premières idées qui ont été jetées.

D’autre part, quand on brainstorme à plusieurs et que l’on écoute les autres, on les écoute avec nos filtres. Il y a donc des idées que l’on va garder et d’autres que l’on va oublier dans le fil de la conversation. Or, elles sont mises de côté uniquement parce que chacune écoute avec son filtre, pas parce qu’elles n’ont pas de valeurs. Comme on considère toutes les idées bonnes dans un brainstorming, on doit donc tirer le fil de toutes ces idées, tôt ou tard. Pour éviter de les oublier, il faut les noter pour pouvoir y revenir régulièrement.

D’ailleurs, je garde toutes mes sessions de brainstorming, et je les relis de temps à autre. Car il y a des idées qui sont parfois nées avec le mauvais timing. Mais entre-temps, la maturité du projet, ma propre maturité ou même la maturité d’un marché a évolué. Et ces idées peuvent ressortir du placard pour les améliorer, ou aider au rebond créatif.

Et pour refaire du lien avec Marie Kondo, en jetant toutes les idées sur papier, comme on pourrait jeter des objets, on vide le cerveau. On le nettoie de tout ce qui l’encombre, toutes les idées potentiellement bonnes ou mauvaises. Et par ce vide on accueille du rebond d’idées. Parce qu’ainsi quand on les repassera en revue, le cerveau est disponible pour écouter ce principe de « Est-ce que c’est satisfaisant ? » Et, si à l’ évocation de certaines idées cela te procure du plaisir ou de l’envie et bien c’est sûrement qu’il faut tirer le fil dessus. Et donc, potentiellement ces idées là qu’il va falloir nourrir. Le parallèle avec la méthode de rangement à la Marie Kondo est intéressant pour ça.

Je dois avouer que cet article du Huffington qui propose 18 choses à faire pour stimuler la créativité est assez pertinent. Il se base sur une étude faite sur des personnes faisant preuve de créativité qui ont ces 18 points en commun.

Derrière de la créativité, il y a de la méthode

Si cela peut venir aussi rassurer tous les pragmatiques qui ont lu cet article, et qui n’adhèrent pas à cette envie de devenir un artiste torturé qui met son cœur et ses tripes dans ses œuvres, la créativité c’est aussi une question de méthode.

Tous les talents évoqué tout à l’heure ne font absolument rien de créatif sans une méthode. N’importe quel peintre te dira qu’il y a une méthode malgré tout, iel ne peint pas n’importe comment. Il y a des connaissances sur la lumière, la profondeur, le mouvement…

Ni même un·e jardinier·e ne fait pas son jardin n’importe comment, ou bien encore des chef·fes, étoilés ou non, se reposent avant tout sur une recette, un bon dosage, le bon mariage des saveurs… même s’iels mettent une touche particulière. La créativité quelle qu’elle soit, repose sur des méthodes, une sorte d’organisation des idées, ce qui viendra réconforter un peu les plus pragmatiques.

Et d’ailleurs, il est fort probable que celles et ceux qui expriment « je ne suis pas créatifve » en réalité veulent dire « je ne sais pas faire »,  « je ne connais pas les méthodes de peinture »

Et par bonheur, les méthodes s’apprennent.

Les aspérités

Il y a une autre chose très intéressante à faire pour nourrir son imaginaire et pouvoir faire preuve de créativité, c’est venir se frotter régulièrement à des personnes qui n’ont pas du tout la même façon de voir les choses que toi. Alors oui, ça peut gratter un peu, puisque c’est une autre façon de voir les choses ou une autre vision de la vie.

En faisant ça, tu viens donner du relief à une idée pour venir l’améliorer, la faire grandir et vivre, voire même parfois la confronter à du pragmatique.

C’est l’équivalent de deux personnes en train de regarder un dé, l’une dit qu’elle voit un 5 l’autre dit qu’elle voit un 3 pourtant, les 2 voient un dé, mais pas sous le même angle et elles ont toutes les deux raisons.

D’ailleurs, regarder les nuages à plusieurs, nous démontrera que tout le monde verra le même ciel, mais ne verra pas les mêmes formes dans les nuages.

Tu sais ce moment dans le film ou le ou la génie, absolument fabuleux·se, a une idée incroyable à un moment précis car iel est confrontée à une réalité, à une phrase anodine, à quelque chose que quelqu’un lui fait remarquer… Son invention ne fonctionnait pas jusque-là et BIM, éclair de génie.

Et bien c’est un peu ça dans la vie aussi, les idées sont intéressantes parce qu’elles sont challengées.  Les autres peuvent nous permettre de prendre du recul pour nous donner un rebond créatif. Le cerveau a besoin d’être stimulé en permanence pour pouvoir faire preuve de créativité. C’est son sport favori depuis l’enfance, donc un autre point de vue, c’est comme une énigme à résoudre qui se présente à lui.

Dès l’instant où on donne l’opportunité régulièrement au cerveau d’être stimulé on cède à sa propre créativité

Il ne s’agit pas toujours de créer à partir de rien

Une autre piste très intéressante pour venir muscler sa créativité, c’est d’aller regarder ce qui se fait par ailleurs.  Venir regarder d’autres choses similaires à nos idées, c’est s’ouvrir une porte et offrir un regard nouveau au cerveau.

Par exemple, travailler en synergie avec d’autres personnes qui ont des métiers différents pour imaginer un produit ou un service nouveau, on stimule le cerveau a chercher ce qui nous relie. On donne l’opportunité au cerveau de voir comment on peut faire des ponts pour une finalité commune. Et ça remet en perspective ses méthodes par la même occasion.

Et on s’enlève le poids énorme de devenir une célébrité, qui a imaginé tout à partir de rien. Si t’écoutes de grands orateur·rices, bien souvent, iels sont parties d’une expérience personnelle ou quelque chose qu’iels ont déjà vu par ailleurs et qui leur a donné envie de faire différemment, mieux ou autrement, ou de l’importer en France

Qu’est-ce que je peux améliorer ? Comment puis-je faire les choses différemment ? C’est également ça, la créativité.

Pour citer Thomas Edison « Je n’ai pas échoué. J’ai simplement trouvé 10 000 solutions qui ne fonctionne pas » quand il parlait de ses recherches pour trouver la fameuse ampoule électrique. Il a imaginé mille et une façons de faire de la lumière parce qu’en réalité, des tests il en a fait un très grand nombre. Lui-même et ses collaborateurs ont fait beaucoup d’expéditions dans le monde pour voir quel matériau est conducteur d’électricité afin de créer le filament dans l’ampoule. 6000 tentatives plus tard sur des végétaux, ils sont très satisfait d’un filament en bambou carbonisé. Mais une fois mis en place sur le terrain, il se rend compte qu’au bout de 30h le filament dans l’ampoule brule. Finalement un de ses collaborateurs, se dit que quitte à avoir un filament carbonisé, autant utiliser du carbone. C’est ainsi que l’ampoule à incandescence devient légion dans les maisonnées pour éclairer les intérieurs. Des années plus tard, ce filament sera remplacé par du tungstène, car plus résistant. Et, on connaît également le différend qui opposait Edison et Tesla, son l’ancien collaborateur. Nikola Tesla suggère du courant alternatif, alors qu’Edison se bute au courant continu. Le courant alternatif permet d’éclairer sur de très longues distances. Mais considéré comme dangereux par Edison. Le conflit est régulier entre eux. Tesla finira par réussi à améliorer l’innovation d’Edison, procédé que nous utilisons toujours aujourd’hui.

En observant ce qui se fait, on peut à l’inverse, remarquer ce qui ne se fait pas. Puisque la créativité peut naître du manque.

Prenez cet outil incroyable qu’un couple de nantais ont créé il y a quelques années , le Poupoupidou. Aussi incroyable que cela paraisse, cela n’avait jamais été imaginé auparavant. C’est une pince à jupe qui permet d’accrocher sa jupe à la selle quand on veut faire du vélo et que l’on porte des robes ou des jupes. Plus de 100 ans que l’on voit des femmes se tenir la jupe pour pas qu’elle se prenne dans les rayons, ou qu’elle vole, effectivement ça manquait !

Donc, la créativité est forcément en toi. C’est ce petit truc que peut être tu t’es interdit parce qu’on n’en gagne pas sa vie, peut être que tu pensais que ce n’était pas possible parce que tu ne connais pas la méthode. Et pourtant, la créativité, c’est toutes ces petites choses que tu aimais faire quand tu étais plus jeune, ces petites choses que tu sais bien gardées au fond de toi. Et si ça ressurgit, il suffit de changer son dialogue interne qui dit « ouais mais non franchement … » par « Heyyyy, salut toi ! » et l’accueillir.

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